Traitement de la gale
La gale (ou scabiose) est en progression. Ces dix dernières années, on observe tant en Belgique qu’au niveau mondial une augmentation particulièrement marquée du nombre d’infections. En 2025, une nouvelle directive du WOREL relative au traitement de la gale a été publiée à la demande du Departement Zorg (Flandre).
Nous faisons le point sur les options thérapeutiques et les formules magistrales correspondantes.
La gale
La gale est une infection cutanée contagieuse de personne à personne, causée par un acarien parasite, le sarcopte. La présence des acariens et de leurs œufs déclenche une réaction d’hypersensibilité retardée de type IV. Elle se manifeste par un prurit généralisé, intense, principalement la nuit, ainsi que par des lésions locales caractéristiques et sur des zones spécifiques, telles que rougeurs, papules et sillons. Un eczéma et une infection secondaires peuvent apparaître. Après le traitement, le prurit peut encore persister pendant 2 à 4 semaines (prurit post-scabieux).
La gale commune est désagréable, mais elle n’est pas dangereuse et se traite efficacement. Outre un traitement médicamenteux adéquat, il est aussi important de strictement respecter les mesures d’hygiène, tant chez le patient que chez ses contacts rapprochés. Un traitement efficace vise à réduire les symptômes, éliminer les parasites et prévenir la propagation. Une bonne observance thérapeutique est essentielle pour la réussite du traitement.
Traitements
Traitement de la gale
Le guide du WOREL propose quatre options thérapeutiques pour le traitement de la gale, considérées comme équivalentes en matière d’efficacité. Elle tient compte de la suspicion d’une résistance croissante à la perméthrine, mais aucune conclusion définitive n’est actuellement possible. Le choix du traitement dépend du contexte, des contre-indications (relatives), de la préférence du patient (ou de ses parents), ainsi que d’un éventuel échec d’un traitement antérieur. Pour plus de détails sur la posologie et les modalités d’administration des traitements, nous recommandons de consulter directement la directive.
Vous trouverez la composition des formules sur notre site web, en cliquant simplement sur le lien correspondant.
Perméthrine 5% en usage local
Perméthrine crème hydrophile à 5% FTM (formule non remboursée)
La spécialité Zalvor® crème 5% 30 g est remboursée. Une préparation magistrale semble donc uniquement utile en cas d’indisponibilité du Zalvor®.
Le FTM propose également une formule Perméthrine emulsion à 1% (formule non remboursée). Cette formule peut servir de base lorsqu’une préparation plus adaptée pour une application sur le cuir chevelu est nécessaire.
Benzoate de benzyle 25% en usage local
Benzyle benzoate émulsion à 25% FTM (formule remboursée)
Ivermectine 1% en usage local
La spécialité Soolantra® crème 1% n’est pas enregistrée pour le traitement de la gale (= usage off-label). Selon la notice, la crème ne peut en outre être utilisée que sur le visage. Soolantra® crème 1% n’est pas remboursée.
La crème d’ivermectine à 1% en préparation magistrale est une alternative possible, mais elle n’est pas non plus remboursée. Aucune formule validée avec des données de stabilité n’est toutefois disponible. Le pH de stabilité optimal pour l’ivermectine est de 6,3, mais elle reste toutefois stable à un pH situé entre 4 et 8. Une crème au cétomacrogol, tamponnée ou non, peut être proposée comme base. ll est recommandé de contrôler le pH du produit fini. Selon les recommandations du Journal de Pharmacie de Belgique (2010), la durée de conservation de cette crème est d’un mois avec conservateur ou d’une semaine sans conservateur.
Crème au cétomacrogol non tamponnée FTM
Crème au cétomacrogol tamponnée FTM
Ivermectine 0,2 mg/kg par voie orale
Ivermectine Substipharm® 3 mg est disponible par boîte de 4 comprimés et est remboursé avec une autorisation du médecin-conseil. Cette dernière n’est plus nécessaire depuis le 1 août pour les résidents de maisons de repos et de soins.
La préparation magistrale de gélules d’ivermectine est possible, mais ne sera pas remboursée.
Traitements symptomatiques
Outre le traitement du sarcopte, des traitements symptomatiques sont également possibles. Pour soulager le prurit (post-scabieux), plusieurs options existent, toutes équivalentes sur le plan thérapeutique.
L’application d’une crème (grasse) neutre peut être instaurée après un traitement local afin de lutter contre le dessèchement de la peau et ainsi réduire les plaintes lié au prurit.
Les options magistrales peuvent être consultées via ce lien.
Voici quelques exemples de crèmes lipophiles.
Vaseline au sesquioléate de sorbitan hydratée FTM
Cérat réfrigérant FTM
Crème vaseline cétomacrogol FNA
Crème vaseline-lanette FNAL’ajout de lévomenthol peut parfois apporter un soulagement supplémentaire.
- Bien que le mécanisme sous-jacent et le rôle de l’histamine dans le prurit post-scabieux ne soient pas entièrement élucidés, un traitement par antihistaminiques oraux (sédatifs) peut être envisagé.
Des corticostéroïdes locaux (de classe I ou II) peuvent être utilisés à court terme, de manière intermittente et dans des conditions contrôlées pour traiter le prurit post-scabieux, sauf en cas de réinfection clinique évidente ou d’échec thérapeutique.
Classe I (préparations peu puissantes)
Hydrocortisone acétate crème hydrophile à 1% FTM
Classe II (préparations moyennement puissantes)
Triamcinolone acétonide crème hydrophile à 0,1% FTM
Clobétasone butyrate pommade hydrophobe à 0,05% FTM
Clobétasone butyrate crème lipophile à 0,05% FTM
Clobétasone butyrate crème hydrophile à 0,05% FTM